Le Secrétaire général de la Ligue Arabe, Ahmed Aboul Gheit, a qualifié de “compliquée”, la scène arabe à l'heure actuelle, soulignant avoir noté une perturbation sans précédent dans la région qui passe par une phase jamais connue, au niveau des menaces et des enjeux, notamment en ce qui concerne les ingérences régionales de la part de l’Iran et de la Turquie. Ces ingérences menacent la sécurité nationale arabe et menacent toute la région, a-t-il indiqué, apprend-on du site d’Al-Youm Al-Sabie.
Aboul Gheit qui s’exprimait dans une interview au journal “Al-Akhbar” et publiée dans son numéro d’hier dimanche, a souligné : “Sans doute, les intérêts de certaines grandes puissances dans la région influent négativement sur les pays de la région et les ingérences étrangères nuisent aux intérêts de ces pays, causent de nombreuses crises et compliquent la situation davantage”.
En ce qui concerne la position arabe vis-à-vis de la cause palestinienne, le SG de la Ligue arabe a affirmé que le scénario selon lequel on allègue que les pays arabes finiront par renoncer à la Palestine est incorrect et dénué de tout fondement. “C’est de la pure chimère chez certaines parties”, a-t-il martelé. “Défendre la cause palestinienne a occupé toujours la plus grande part de ma mission professionnelle”, a souligné Aboul Gheit, en indiquant que le Président palestinien Mahmoud Abbas, représente la voie de la sagesse en un moment difficile et sur une scène regorgeant de personnes coléreuses démesurées.
Aboul Gheit a appelé à la tenue d’un dialogue franc et profond entre les pays arabes autour d’une initiative de paix arabe, en vertu du principe de la terre contre la paix. “La paix que les populations arabes cherchent restera introuvable tant que les droits palestiniens demeurent usurpés”, a-t-il renchéri.
Et le Secrétaire général de la Ligue arabe de critiquer la suggestion de livrer les dossiers arabes à l’ONU. “Les Nations Unies sont contrôlées par des grandes puissances qui ne sont pas toujours en bonne entente, il existe alors des intérêts contradictoires, ce qui se reflète d’une façon ou d'une autre sur les positions de ces puissances et laissent les dossiers de la région ouverts. Nous avons alors trouvé que des crises enflammées comme celles en Syrie, en Libye ou au Yémen, sont livrées à des émissaires onusiens pour les traiter”, a-t-il fait savoir. Aboul Gheit a accusé l’Iran de saboter les démarches pouvant mener à un règlement pacifique global au Yémen, relevant que les décisions des Houthis sont totalement liées à Téhéran.
Confirmant l’appui arabe total à l’Egypte et au Soudan dans les négociations tripartites avec la partie éthiopienne, le SG de la Ligue arabe a souligné qu’il existe une résolution émise par le Conseil ministériel en mars dernier, qui soutient le droits de l’Egypte dans les eaux du Nil. “Les pays arabes ne tarderont point à appuyer l’Egypte et le Soudan, étant donné que les eaux du Nil sont une question de sécurité nationale arabe et non pas uniquement pour ces deux pays”, a-t-il souligné.
Parlant en tant qu' “Egyptien” et non pas en tant que Secrétaire général de la Ligue arabe, Aboul Gheit a affirmé que le Président Abdel Fattah Al-Sissi a réussi à sauver l’Egypte d’un avenir terrifiant et a opté pour la voie des réformes. “Nous avons réussi à faire traverser le pays un ouragan qui allait le bouleverser. Ce fut un miracle qui a été réalisé grâce à la conscience du peuple égyptien et à son sentiment patriotique, ainsi que grâce à une Direction perspicace et courageuse qui est consciente de la valeur de l’Egypte”, a-t-il affirmé.
Et Aboul Gheit de renchérir : “Al-Sissi ne s’est pas contenté de sauver l’Egypte d’un destin désastreux et terrifiant, mais a également opté pour la voie des réformes et du changement. C’est une chose que je considère comme exceptionnelle, et qui a un prix pour la Direction aussi bien que pour le peuple. Mais les populations ne peuvent changer leurs situations sans payer un certain prix”, a-t-il expliqué, en affirmant que le Président Al-Sissi a choisi la voie la plus difficile, celle de faire face aux problèmes. “Je dis toujours que le Président Al-Sissi a opté pour une décision courageuse”, a-t-il martelé.